Le grand passage des relations "d'évolution"

Nov 01, 2025

Je parlais avec un ami hier, qui me faisait réaliser à quel point la dernière année semblait avoir été « incroyable » pour moi.

La musique. La van. Les voyages. Les festivals, les VanJam. Les contrats. Les apparitions médiatiques, même une émission de télé (stay tuned au printemps !).
Et, d’une certaine façon, il avait complètement raison. C’est très abondant, tous ces changements. Tous ces cadeaux.
Mais ça m’a aussi rappelé à quel point les réseaux sociaux ne montrent vraiment qu’une partie.

En parallèle de tout ce beau, cette année – disons la dernière année et quatre mois – a aussi été une année extrêmement souffrante. Si ce n’est pas l’une des plus souffrantes de ma vie.

Cette année, j’y ai aussi vécu une relation que je qualifierais « d’évolution ».
Il a des relations qu’on construit doucement, qui se forgent dans le temps (reconnaissante envers mes grandes amitiés de plus de dix ans, qui sont un véritable roc dans ma vie, et aux plus récentes, au stade de baby plant 🌱 ), qui apportent amour, sécurité, et qui, selon l’étude Harvard, sont l’un des plus grands gages de bien-être à long terme.

Mais j'ai découvert cette année qu'il y a aussi des relations, moins douces pamale, que je qualifierais… ahum… d’« évolutives »

De l’extérieur, ça peut honnêtement avoir l’air d’un shit show. Parce que ça peut ressembler à :

  • Une relation on-off
  • Un pull extrêmement puissant vers l’autre, qui donne le vertige, qui fait même peur.
  • Une obsession, une incapacité à vraiment « move on » même après la rupture
  • Une grande passion, fusion.
  • Des émotions puissantes, parfois incontrôlables, les plus laides : jalousie, méfiance, haine, mêlées à quelque chose qui touche vraiment au divin – du sacré, du blissful, qui ramène dans un état de présence profonde comme si on méditait depuis vingt ans au sommet d’une montagne comme moine, en quelques secondes de contact seulement

Je comprendrais, complètement, que de l’extérieur ça a l’ai débile d’y rester. Je l’ai moi-même fait : le juger, le bannir, parfois violemment, le détester, l’écraser, ce lien.

Mais est-ce qu’il faut vraiment les démoniser, ces relations? Ou les voir comme une (immense) alliée d’évolution, plutôt? (p.s. je ne dis pas que c’est le cas de toute relation à saveur toxique, ni encourage les gens à rester dans des relations abusives d’aucune manière)

La vérité, c’est que quelque chose de plus subtil peut s’y loger. Je dirais même quelque chose de sacré. Un cadeau, un diamant brut qui ne demande qu’à être un peu forgé. Et le diamant, c’est soi-même.

Et si ce n’était donc pas complètement débile de décider de s’y accrocher, pour aller au fond des choses, au fond de ce qui veut se transmuter, se libérer ?

Alors que le monde (et moi-même) me disait que je n’étais pas bien et que ça ne faisait pas de sens de continuer – « il est ci, il est ça. Vous êtes ci, vous êtes ça » –, quelque chose de plus profond me poussait pourtant à y retourner, et d’un espace de paix.
C’était, honnêtement, à n’y rien comprendre. C’était le cauchemar du mental. L’enfer du rationnel. Le vertige ultime de l’ego.

Des gens, des guides, vers qui mon intuition me poussait allaient aussi en ce sens : « il y a des charges entre vous qui demandent résolution. Continuer ensemble fait sens. »

Criss.

Cette année – et je n’exagère pas – l’entièreté de mes traumas d’enfance, même certains trans-générationnels, a émergé.

Ils ont décidé, à travers ce lien, que c’était le moment. Le moment de faire face.
À en virer dingo-deedoo parfois, de souffrance. À ne plus voir clair, ni dans ma tête, ni dans mon intuition — cette boussole pourtant si précieuse qui guide habituellement chacun de mes pas ici-bas. À en perdre mes repères, et le Nord.

Ça peut sembler contre-intuitif, donc, d’avoir consacré autant de temps à un lien aussi souffrant. Et pourtant.

En intégrant cette année et quelques mois, en me déposant peu à peu, doucement, à mon rythme, hors du tourbillon de confusion et de blessures, quelque chose au fond de moi me chuchote :

« Et si je m’étais rendu un grand service? »

Et si, en vérité, je m’étais offert un immense cadeau de libération — celui de rester, d’affronter, de transmuter ?
Celui d’avoir eu le courage de plonger au plus profond de mon âme, de même aller chercher du soutien pour oser cette profonde descente et vulnérabilité, et, ultimement, de retrouver des joyaux abîmés depuis si longtemps en moi que j’en avais complètement oublié l’existence.

J’ai tellement eu de profonds moments de guérison, en communion avec plus grand, poussée par la souffrance extrême qui était réveillée – parfois même créée –, que je ne pourrais pas dire que cette relation n’a pas eu de sens.

Elle m’a ramenée à genoux, oui. Mais aussi à Dieu. À ma foi. À l’humilité la plus totale de reconnaître que je ne contrôle rien. Puis, quand plus grand que soi décide que le but de la relation est arrivé à sa résolution, que les leçons de part ou d’autres sont pleinement intégrées, les choses tombent naturellement.
De soi, de l’autre, ou des deux, d’un commun accord.

« You will feel it », on m’avait dit.

Aujourd’hui, même si tout n’est pas encore parfaitement clair, ni intégré, je sens une certaine paix revenir, tranquillement.

Une certaine clarté reprendre sa place, doucement. La clarté de ce que je suis, de mon chemin ici. Plus fort que jamais. 
Je sens la gratitude s’installer, même pour ce qui m’a brûlée.

Parce qu’au fond, c’était véritablement une histoire d’amour.
Mais pas celle des romans.
Une histoire d'amour avec l'autre, oui.

Mais, surtout, et de façon plus importante, une histoire d’amour entre moi et cette partie de moi-même qui attendait, depuis si longtemps, d’être vue, entendue, et aimée.