Le pouvoir du choix
Dec 31, 2025
“There is no one and only. There is one person that you choose at a certain moment in time, and with that person you try to create the most beautiful relationship you can. But you could have done it with others. Timing is involved. Lots of things are involved.” — Esther Perel
À l’aube de cette nouvelle année 2026 où plusieurs d'entre nous auront des voeux par rapport à nos relations intimes, cette citation d’Esther Perel — une experte des relations et de l'infidélité — me rappelle quelque chose de fondamental : le pouvoir du choix.
J’ai réalisé dans les dernières semaines que j'ai passé une grande partie de ma vingtaine dans des états d’hésitation, d’entre-deux, de demi-engagement, dans des relations intimes que je choisisais à moitié.
Parfois avec raison — par peur d’être reblessée par une même personne — parfois par hésitation : « Je dis non à cette relation parce que je perçois des incompatibilités, ou par manque d’intérêt initial… mais si je me trompais ? Et si, finalement, ça se développait et que je ratais quelque chose ? » Alors j'ouvrais la porte à ces avances quand même. Mais à moitié. Par manque de confiance en moi et mes ressentis, au final.
Et aujourd’hui, je sais une chose avec certitude : une relation dans laquelle deux personnes ne se choisissent pas pleinement ne peut pas fonctionner. Tout simplement. Et ce n'est pas sain ni pour l'un, ni pour l'autre.
Et ce qui est fascinant, c'est que pour moi tout semble converger vers cette même leçon, à ce stade-ci de ma vie, comme si l’univers utilisait différents canaux pour me la faire intégrer. Hier encore, je lisais un livre de John Gottman, chercheur de renommée mondiale sur ce qui fait fonctionner (et échouer) des relations à long terme. Dès le premier chapitre, il explique que le commitment total, des deux côtés, est un prérequis essentiel à la confiance dans une relation.
Mais ça veut dire quoi, se choisir pleinement? Ça veut dire quoi réellement, le fameux commitment (le plein engagement) ? En le découvrant, j'ai réalisé qu'en fait plusieurs d'entre nous ne sont peut-être pas pleinement engagés dans nos relations, sans même le conscientiser.
Je reprend les explications du Dr Gottman parce que je ne suis visiblement PAS une experte à ce niveau, traduit du livre Eight Dates par moi-même (et Chat), co-écrit avec sa femme la Dr. Julie Gottman (avec mes commentaires en parenthèses :p)
- L’engagement le plus évident, c’est de résister aux possibilités avec d’autres personnes.
Nous sommes fidèles sexuellement et émotionnellement à notre partenaire (aucune dynamique qui dépasse l’amitié les amis — ce n’est pas moi qui le dis cette fois 😛).
Nous maintenons des limites claires dans nos relations en dehors du couple. La Dre Shirley Glass, aujourd’hui décédée, l’une des plus grandes expertes mondiales en matière d’infidélité, a écrit un livre intitulé Not Just Friends. Son expertise se résume essentiellement à la notion de fenêtres et de murs. Quand on est marié·e ou engagé·e dans une relation, l’idéal est de construire un mur autour du couple, avec une fenêtre ouverte entre les deux partenaires. Ce mur vous sépare des autres en ce qui concerne vos connexions émotionnelles et physiques les plus profondes. (Aho. Rien de moins.)
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Lorsque les choses ne vont pas bien avec leur partenaire, les personnes engagées expriment leurs préoccupations directement à leur partenaire, plutôt que de se plaindre de lui ou d’elle auprès de quelqu’un d’autre. Aussinon, ceci crée une fenêtre avec une autre personne, et un mur entre vous et votre partenaire. Il ne peut pas y avoir de murs entre vous si vous souhaitez construire une relation à long terme de confiance et d'engagement.
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Choisir l’engagement, c’est accepter son ou sa partenaire exactement tel·le qu’il ou elle est, malgré ses défauts.
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C’est ne jamais menacer de partir, même si, par moments, l’envie peut être là.
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C’est aussi se soucier de la douleur de son partenaire autant, sinon plus, que de la sienne.
John dit : « Si ma femme souffre, le monde s’arrête pour que je puisse l’écouter. »
Dans une relation engagée, vous arrêtez tous les deux le monde pour apaiser la douleur de l’autre. -
(Et ceci, je l’ai trouvé particulièrement pertinent pour moi) Il existe une étape qui mène en cascade à toutes les formes de trahison, et elle survient souvent lorsque les choses vont mal dans une relation.
C’est faire des comparaisons négatives entre son partenaire et d’autres partenaires potentiels, réels ou imaginés. Plutôt que de cultiver la gratitude pour ce que nous avons avec notre partenaire, nous nourrissons du ressentiment pour ce qui manque.
L’engagement exige un certain niveau de vulnérabilité qui peut être plus effrayant que tout ce que vous avez connu auparavant. Mais aucune relation à long terme ne s'est jamais construite en ayant un gardant un pied dedans et un pied dehors, émotionnellement.
Bref, j’espère que ce partage vous aura été aussi utile qu’il l’a été pour moi de le lire (et de le réviser en l’écrivant !).
S’il y a une autre chose que je sais aujourd’hui, avec enfin beaucoup de clarté, c’est qu’à ce stade de ma vie, il est plus juste pour moi de ne pas m’engager du tout dans un lien — ou de le quitter pleinement — si je ne suis pas capable de m’y engager entièrement (ou vice-versa).
Pas par rejet. Pas par fuite.
Mais par respect — pour moi, et pour l’autre.
Parce que choisir à moitié, c’est aussi ne pas choisir du tout, et vous empêcher mutuellement de vivre une pleine relation, à pieds joints.